L’arrière-monde

Film réalisé à Montréal – Été 2016

Le film est découpé en deux chapitres qui, chacun leur tour, épousent la chorégraphie puis la déconstruisent.

Le chapitre Un rend compte de la performance en reprenant sa trame narrative. Il est l’oeil du passant qui découvre la scène par hasard, témoigne du lieu, des états et postures qui y évoluent, retranscrit des séquences choisies en s’attardant au rythme, aux respirations des interprètes, à l’évolution de l’action.

Le Chapitre deux déconstruit la première séquence. Il montre les danseurs de plus près, les scrutent. Le montage se fait chorégraphique ; il réinterprète le mouvement, en le décomposant, le répètant, le dédoublant, ou en inversant sa vitesse. Ce chapitre deux est une chimère, il recrée des rythmes qui n’existent pas, jouxte des situations qui ne se sont pas vécues simultanément. Il est la « deuxième » performance, celle créée entièrement par le montage vidéo, celle qui n’a pas eu lieu.

La musique de Colin Stetson s’est présentée de manière évidente pour accompagner ce film, le soutenir. Son rythme, sa lourdeur, et ses respirations saccadées s’allient parfaitement aux images captées.